10H30 ça y est mes parents arrivent pour prendre possession de la maison et de nos quatre enfants. Dernières recommandations, bisous, et c’est parti direction Paris dans la voiture chargée la veille. Etonnant la circulation est fluide et c’est au alentour de midi que nous arrivons chez Patrick et Valérie qui vont héberger notre Punto durant nos vacances. Patrick nous trouve un resto chinois sympa à Villepinte où l’on mange à volonté et traînons un peu histoire d’arriver à 15H juste à l’enregistrement. 31,5 kg pour « la vache » qui contient en plus du VTT : sac à dos, outils, casque, chaussures SPD et de randonnée, etc. Ouf ! Ça passe et elle est aiguillée comme bagage encombrant et n’empruntera pas les tapis roulants. Nous flânons dans l’aéroport jusqu’à l’embarquement à 16H30. Vol sans encombre et arrivée à Munich à 18H30. L’aéroport est superbe, plein de boutiques et d’espaces de détente. La Lufthansa y règne en maître et y offre un service qui ne souffre d’aucune comparaison avec notre société nationale. Les restaurants sont de qualités et abordables ce qui est un plus en attendant notre vol pour Ankara à 23H. Entre temps nous rejoignons le groupe qui grossit maintenant à 15 personnes. A 3H, heure locale, nous récupérons les bagages non sans inquiétude vue la délicatesse des manutentionnaires. Quelques sangles arrachées, des rayures et bosses plus tard nous chargeons le bus qui à notre grande surprise est flambant neuf ! L’hôtel est correct, à 3H30 du matin je ne suis moins exigeant, et les prières de l’imam me bercent.
Au petit matin, le petit déjeuner me rappelle ma jeunesse en Italie : fromages, saucisson, olives il n’y a que le vin qui est remplacé par le thé. Et c’est reparti pour plus de 5H de bus. Les routes turques sont, comment dire… aussi distrayantes que les véhicules qui les empruntent !
Premier arrêt sur les rives du lac salé de Tuz Gölü d'une superficie de 1500 Km². La route est longue et monotone. Nous déjeunerons à Aksaray où nous changerons de direction vers Nevsehir. Un volcan se dessine au loin : l’Erciyes Dagi (3917 m).
Ihlara, tout le monde descend ! Et une séance de mécanique improvisée sur le sable commence dans un déballage chaotique tandis que le ciel s’assombrit et les orages arrivent au loin. Je tire un bilan très positif de ma solution « vache » qui n’étonne pas que les enfants. Mon vélo est le premier monté ce qui me donne le temps d’essayer la caméra embarquée. Je l’ai remise dans le sac après les premières gouttes de pluie. Quitter sa Normandie ensoleillée pour trouver 3500 km plus loin de la pluie anatolienne, c’est le monde à l’envers. Les pédestres, ma femme en fait partie, s’engagent dans le canyon et prennent de l’altitude à travers les cônes scultés.
Premiers tours de roues sur ce sol étranger parmi les moutons, bergers armés et leurs chiens. Le sol est glissant et boueux, je ne me sens pas à l’aise avec le vélo fraîchement monté. Le paysage est d’une beauté rare, aussi grande que les pièges sont nombreux au pied de ce versant abrupt. Le peu de distance parcourue pour rejoindre le village de Belisirma nous a fait oublier les désagréments de ce long voyage.
Quel choc, ce village vous transporte au moyen age malgré les antennes TV et cela bien avant de goutter à cet excellent pain cuit au feu de bois, de bénéficier de l’eau chauffée par un panneau solaire à l’ombre ou de dormir sous la tente.